31.5.05
Deuxieme tentative...
Ou "trouvons donc une autre victime". Pauvre Miss.


29.5.05
Les associations fatales
Ou, vive les dépèches brutes de l'AFP:


Benoît XVI appelle à retrouver le sens du dimanche face à la "consommation". AFP 29.05.05 | 11h47
Benoît XVI a appelé les chrétiens à retrouver la signification spirituelle du dimanche face à la "consommation effrénée" et à "l'indifférence religieuse", durant la messe célébrée dimanche à Bari (sud de l'Italie) devant plus de 150.000 fidèles.
GB : des publicités sur les sous-bocks pour trouver de nouveaux prêtres. AFP 29.05.05 | 13h16
Le diocèse catholique de Westminster va faire de la publicité sur des sous-bocks dans les pubs et des affiches dans le métro londonien pour recruter de nouveaux prêtres, a révélé dimanche la BBC.
Premier essai...
22.5.05
Le quotidien du soir avance a tatons
Je suis souvent déçu par la qualité des articles du Monde évoquant les nouvelles technologies ou leurs aspects sociaux. Le dernier en date, sur "l'univers des blogs" ne déroge malheureusement pas à la règle.
La question de l'origine des carnets web démarre déjà dans la confusion, entre "un dérivé des pages personnelles sur Internet" et ""de simples listes de liens informant les lecteurs de l'apparition de nouveaux sites". Suit une précision d'importance:
Pourquoi ne pas partir de façon plus logique de l'écrit intime, journal, notes, pacte autobiographique , par exemple des travaux de Philippe Lejeune ? Introduction trop classique ? Pas susceptible de faire naître ce sentiment d'étrangeté lié aux Nouvelles Technologie ?
En fait, bien avant cela, le titre de l'article donne le ton: "L'univers des blogs, ses habitants, ses rites, son langage". Il s'agit là d'avoir un regard étonné sur un milieu clos, une sub-culture comme dirait les amis anglo-saxons. Quand au premier exemple concret, c'est évidemment la tarte à la crème des lycéens et de leur combat - ils ont forcément "créé de nombreux blogs [...] pour fédérer leurs actions, témoigner des débats et appeler à lutter ensemble". L'enchainement est joli avec le titre suivant: une "forme d'exhibitionnisme". Eh oui, car le blog "s'explique par un besoin d'affirmation de soi et de revendication de la part des blogueurs.". Le tout justifié par un propos de bloggeur, gentiment outrancier et ridicule: "le dernier îlot de liberté".
La suite ? Les femmes viennent de Vénus et font des "cyberjournaux intimes" (cyberjournaux tel quel, sans guillemets dans l'article - où sont les relecteurs du Monde, façon sauce piquante ?) et les hommes de Mars, et donnent leur avis sur l'actu. Ah et les jeunes mettent des photos et se fachent avec leurs profs.
Ce qui permet d'avancer vers l'analyse profonde des blogs: "vitrine" et "lieu d'échange", "réappropriation de la démocratie", sans vrai "débat contradictoire", "véritable société". Avec, dans le rôle des experts invités, Loïc Le Meur et Pierre Bélanger, pour 6apart et Skyblogs. Pourquoi pas ? Mais pourquoi prendre justement deux représentants de la même tendance, de la "commercialisation" des carnets web, dont la position dans ce phénomène est pour le moins contestée. Cette orientation est d'ailleurs exacerbée par les autres articles du dossier une interview avec (encore) Pierre Bélanger, et un article sur la manipulation des blogs par les marques en mal de nouveaux moyens de communications.
Suivent une succession de termes, pour illustrer l'aspect codes et signes. "blogosphère", langage SMS, "trolls", "cybercops" et
ne parlons pas de la "blogeoisie" terme paraît-il consacré mais que je n'avais jamais lu.
Et au final ? Pas grand chose, car l'homme est un loup pour l'homme, il faut devenir grand, attirer des lecteurs, faire marcher l'ascenseur social dans le monde virtuel, comme si le but ultime était finalement, comme promis, l'accomplisssement de la "forme d'exhibitionnisme", faire grimper l'audience.
La chute de l'article est maladroitement savoureuse:
Vérifiés, corrigés, modifiés, recorrigés ? On le souhaiterait, effectivement.
Bon sang, c'est quand même hallucinant un article pareil. Passons sur l'aspect discrètement sensationnaliste et épate, mais que dire d'un article qui laisse passer des erreurs bêtement factuelles: non Loïc Le Meur n'est pas le fondateur de 6apart.
Est-ce particulièrement sain de finir par une bonne vieille réclame de Loïc Le Meur: c'est "ouvert à tous, chacun peut y prendre sa place en créant son blog ou se contenter de lire et commenter ceux des autres" et il y a eu suffisement de mentions de 6apart et des skyblogs pour tout de suite savoir où aller ?
N'est-ce pas un peu fort de parler finalement plus d'audience et de chiffres plutôt que de la diversité des contenus ? D'où vient le 'fait' que les skyblogs sont "à l'origine du phénomène en France", hormis probablement d'un mot de Pierre Bellanger ?
On se croirait un peu revenu au début du phénomène internet dans les médias classique.
Alors quoi ? La critique est aisée et l'art difficile ? Qu'est-ce que j'aurais aimé trouver dans un article du Monde sur les blogs ? Peut-être une réflexion sur la façon dont les carnets web s'écartent à la fois du journal intime classique et de la 'page web' ?
Peut-être une étude plus large de l'impact des carnets sur la nature du web, et comment un media qui était au départ pensé pour la publication par tous, partout, s'était fait un peu confisqué par l'internet marchand et les geeks, revient à ses idéaux de départ ? Sur l'idée trompeuse de commauté ?
La mention de l'importance des carnets web dans les débats politiques récents, comme la campagne américaine, ou présentement le référendum sur la constitution, où des sites comme Publius sont de très loin la meilleure source en terme de qualité de contenu que j'ai pu voir.
De la diversité même des publications, des blogs de dessineux ou des photographes, des blogs musicaux et du podcasting, des nouveaux problèmes que tout cela entraine en terme de gestion des droits, ou même d'identité. Et là, il y a des travaux déjà anciens à prendre pour étudier tout cela, comme ceux de Sherry Turkle, Life on Screen.
S'il faut parler des aspects marchands, la bataille en cours entre Google - et de son rachat de blogger - et des efforts de Yahoo! ou Microsoft, n'est-elle pas un peu plus notable ? Soyons clairs: je n'ai rien contre le fait que des boîtes exploitent la montée en puissance des carnets, vendent des services ou des outils, loin de là. C'est bien la preuve qu'une démocratisation du phénomène et un abaissement de la barrière technique est en cours. Non, ce qui me gène, c'est la tonalité générale, le fait de montrer les carnets par ce prisme.
Et pourquoi diable ai-je cette impression désagréable de lire un article où les journalistes se sont fait soit mener en bateau au pire, ont baclé leur "enquête", au mieux ?
La question de l'origine des carnets web démarre déjà dans la confusion, entre "un dérivé des pages personnelles sur Internet" et ""de simples listes de liens informant les lecteurs de l'apparition de nouveaux sites". Suit une précision d'importance:
"Aujourd'hui, les blogs ont adopté un format de publication chronologique : les plus récents sont rangés en haut de page."Wouah.
Pourquoi ne pas partir de façon plus logique de l'écrit intime, journal, notes, pacte autobiographique , par exemple des travaux de Philippe Lejeune ? Introduction trop classique ? Pas susceptible de faire naître ce sentiment d'étrangeté lié aux Nouvelles Technologie ?
En fait, bien avant cela, le titre de l'article donne le ton: "L'univers des blogs, ses habitants, ses rites, son langage". Il s'agit là d'avoir un regard étonné sur un milieu clos, une sub-culture comme dirait les amis anglo-saxons. Quand au premier exemple concret, c'est évidemment la tarte à la crème des lycéens et de leur combat - ils ont forcément "créé de nombreux blogs [...] pour fédérer leurs actions, témoigner des débats et appeler à lutter ensemble". L'enchainement est joli avec le titre suivant: une "forme d'exhibitionnisme". Eh oui, car le blog "s'explique par un besoin d'affirmation de soi et de revendication de la part des blogueurs.". Le tout justifié par un propos de bloggeur, gentiment outrancier et ridicule: "le dernier îlot de liberté".
La suite ? Les femmes viennent de Vénus et font des "cyberjournaux intimes" (cyberjournaux tel quel, sans guillemets dans l'article - où sont les relecteurs du Monde, façon sauce piquante ?) et les hommes de Mars, et donnent leur avis sur l'actu. Ah et les jeunes mettent des photos et se fachent avec leurs profs.
Ce qui permet d'avancer vers l'analyse profonde des blogs: "vitrine" et "lieu d'échange", "réappropriation de la démocratie", sans vrai "débat contradictoire", "véritable société". Avec, dans le rôle des experts invités, Loïc Le Meur et Pierre Bélanger, pour 6apart et Skyblogs. Pourquoi pas ? Mais pourquoi prendre justement deux représentants de la même tendance, de la "commercialisation" des carnets web, dont la position dans ce phénomène est pour le moins contestée. Cette orientation est d'ailleurs exacerbée par les autres articles du dossier une interview avec (encore) Pierre Bélanger, et un article sur la manipulation des blogs par les marques en mal de nouveaux moyens de communications.
Suivent une succession de termes, pour illustrer l'aspect codes et signes. "blogosphère", langage SMS, "trolls", "cybercops" et
ne parlons pas de la "blogeoisie" terme paraît-il consacré mais que je n'avais jamais lu.
Et au final ? Pas grand chose, car l'homme est un loup pour l'homme, il faut devenir grand, attirer des lecteurs, faire marcher l'ascenseur social dans le monde virtuel, comme si le but ultime était finalement, comme promis, l'accomplisssement de la "forme d'exhibitionnisme", faire grimper l'audience.
La chute de l'article est maladroitement savoureuse:
Autre propriété de la blogosphère : les internautes sont à la fois consommateurs et producteurs d'information. D'où un conflit possible avec les médias classiques. "Dans la presse traditionnelle, les articles sont vérifiés, corrigés, modifiés, recorrigés."
Vérifiés, corrigés, modifiés, recorrigés ? On le souhaiterait, effectivement.
Bon sang, c'est quand même hallucinant un article pareil. Passons sur l'aspect discrètement sensationnaliste et épate, mais que dire d'un article qui laisse passer des erreurs bêtement factuelles: non Loïc Le Meur n'est pas le fondateur de 6apart.
Est-ce particulièrement sain de finir par une bonne vieille réclame de Loïc Le Meur: c'est "ouvert à tous, chacun peut y prendre sa place en créant son blog ou se contenter de lire et commenter ceux des autres" et il y a eu suffisement de mentions de 6apart et des skyblogs pour tout de suite savoir où aller ?
N'est-ce pas un peu fort de parler finalement plus d'audience et de chiffres plutôt que de la diversité des contenus ? D'où vient le 'fait' que les skyblogs sont "à l'origine du phénomène en France", hormis probablement d'un mot de Pierre Bellanger ?
On se croirait un peu revenu au début du phénomène internet dans les médias classique.
Alors quoi ? La critique est aisée et l'art difficile ? Qu'est-ce que j'aurais aimé trouver dans un article du Monde sur les blogs ? Peut-être une réflexion sur la façon dont les carnets web s'écartent à la fois du journal intime classique et de la 'page web' ?
Peut-être une étude plus large de l'impact des carnets sur la nature du web, et comment un media qui était au départ pensé pour la publication par tous, partout, s'était fait un peu confisqué par l'internet marchand et les geeks, revient à ses idéaux de départ ? Sur l'idée trompeuse de commauté ?
La mention de l'importance des carnets web dans les débats politiques récents, comme la campagne américaine, ou présentement le référendum sur la constitution, où des sites comme Publius sont de très loin la meilleure source en terme de qualité de contenu que j'ai pu voir.
De la diversité même des publications, des blogs de dessineux ou des photographes, des blogs musicaux et du podcasting, des nouveaux problèmes que tout cela entraine en terme de gestion des droits, ou même d'identité. Et là, il y a des travaux déjà anciens à prendre pour étudier tout cela, comme ceux de Sherry Turkle, Life on Screen.
S'il faut parler des aspects marchands, la bataille en cours entre Google - et de son rachat de blogger - et des efforts de Yahoo! ou Microsoft, n'est-elle pas un peu plus notable ? Soyons clairs: je n'ai rien contre le fait que des boîtes exploitent la montée en puissance des carnets, vendent des services ou des outils, loin de là. C'est bien la preuve qu'une démocratisation du phénomène et un abaissement de la barrière technique est en cours. Non, ce qui me gène, c'est la tonalité générale, le fait de montrer les carnets par ce prisme.
Et pourquoi diable ai-je cette impression désagréable de lire un article où les journalistes se sont fait soit mener en bateau au pire, ont baclé leur "enquête", au mieux ?
21.5.05
Sagesse populaire
- "Et il y a quoi sur ta liste de trucs à faire ?"
- "Faire ma liste de trucs à faire."
- "..."
- "Faire ma liste de trucs à faire."
- "..."
1.5.05
Meme litteraire
J'avais envie d'un même littéraire, et j'en ai trouvé sur un blog US et
adapté. Hop.
1- A la façon de Farenheit 451, quel livre aimeriez-vous incarner ?
Pourquoi pas un roman insolite, "L'invention de Morel" d'Adolfo Bioy Casares ou bien un des recueils de Borges ?
2- Êtes-vous déjà tombé amoureux d'un personnage de fiction ?
Je tombe plus facilement amoureux des histoires que des personnages.
3- Quels sont les derniers livres que vous avez acheté ?
4- Quel est le dernier livre que vous avez lu ?
La biographie de Salinger, par Ian Hamilton, "A la recherche de J.D. Salinger". Curieux, une biographie qui commence par un aveu d'impuissance (Salinger s'étant retiré de la vie publique et ne publiant plus depuis 1963) et qui finit en aveu d'échec (suite à un procès, le biographe n'a pu inclure des extraits de lettres, et a du paraphraser).
Au final ? une moitié sans grand intérêt sur Salinger commençant à s'imaginer écrivain, et une autre sur Salinger s'invenant reclus après le succès. A la limite, j'aurais presque préféré une biographie imaginaire, ou bien un biographe abandonnant toute distance pour plonger dans cette folie, un peu comme Emmanuel Carrière avec Dick.
5- Quel livre êtes-vous en train de lire en ce moment ?
James Grady, "La ville des ombres". Un thriller sur le thème du Watergate, vu de l'intérieur, bouquin pioché à la suite de mon obsession du moment pour les romanciers de la face sombre de l'Amérique. Plutôt décevant jusqu'ici: intrigue trop alambiquée, style qui tente parfois de faire de l'Ellroy sans grand succès, descriptions trop lisses.
6- Cinq livres que vous emporteriez sur une île déserte ?
Sans doute cinq livres que j'adore et dont j'ai l'impression que je n'en ferai jamais le tour.
En premier "Ada", de Vladimir Nabokov. J'ai lu Ada pour la première fois il y a une douzaine d'année et le souvenir de sa féérie n'a pas faibli.
Don DeLillo, "Les noms", pour ce grondement souterrain et le choc de la langue des dernières pages.
Peut-être "American Psycho", de l'écriture comme toute-puissance, ou bien, le jour où elle sera terminée, la trilogie "American Tabloid", "American Death Trip", et "American Madness", de James Ellroy.
Sans doute un Camus, "L'étranger" ou "Le mythe de Sisyphe".
"Les choses" de Perec, un autre roman-monde.
Je fais aussi cette liste pour mémoire. Je suis curieux de la comparer avec une liste similaire que je pourrais faire dans cinq ans.
7- À qui allez-vous passer ce questionnaire?
A qui voudra. Mais je serais curieux de savoir les réponses de certains.
adapté. Hop.
1- A la façon de Farenheit 451, quel livre aimeriez-vous incarner ?
Pourquoi pas un roman insolite, "L'invention de Morel" d'Adolfo Bioy Casares ou bien un des recueils de Borges ?
2- Êtes-vous déjà tombé amoureux d'un personnage de fiction ?
Je tombe plus facilement amoureux des histoires que des personnages.
3- Quels sont les derniers livres que vous avez acheté ?
- Aramis ou l'amour des techniques, Bruno Latour
Parce que je suis intéressé depuis longtemps par les travaux de Bruno Latour, aux confluents de la philosophie, de l'histoire des techniques, de la sociologie. Et parce que j'avais entendu parler il y a longtemps du projet fou "Aramis" (un métro pour le sud de Paris dont les voitures étaient toutes indépendantes). - Sociologie de Paris, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot
Un tout petit bouquin récent sur l'analyse sociologique de Paris. Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot sont directeurs de recherche au CNRS et auteurs de passionnantes études sur les rites sociaux de la haute bourgeoisie. - Super-Cannes, J-G Ballard
L'avant-dernier roman de Ballard. Je suis venu à Ballard via "Crash", un film qui m'avait très profondément dérangé, et qui m'a fait lire le roman pour essayer de mieux comprendre mes réactions. J'avais lu aussi un très bon recueil de nouvelles ("La région du désastre", si je ne me trompe). - Dans le nu de la vie, Jean Hatzfeld.
J'ai lu récemment le livre de Jean Hatzfeld, grand reporter à Libération, sur son expérience de la guerre en Yougoslavie, un très beau livre. Celui-ci est sur les témoignages de survivants Tutsis du génocide du Rwanda. - Le chapeau en peau de poisson, Milorad Pavic
Un receuil de nouvelles par un auteur singulier. Milorad Pavic a écrit "Le Dictionnaire Khazar", un roman extraordinaire construit comme un dictionnaire (en fait, trois dictionnaires), donc les définitions, les renvois, construisent l'histoire. - L'armée d'Hitler : La Wehrmacht, les nazis et la guerre, Omer Bartov
Il y a un an à peu près, mes lectures 'histoire' étaient dans phase nazisme (initiée par la lecture de l'excellente biographie d'Hiltler de Ian Kershaw), et j'ai encore des rechutes.
4- Quel est le dernier livre que vous avez lu ?
La biographie de Salinger, par Ian Hamilton, "A la recherche de J.D. Salinger". Curieux, une biographie qui commence par un aveu d'impuissance (Salinger s'étant retiré de la vie publique et ne publiant plus depuis 1963) et qui finit en aveu d'échec (suite à un procès, le biographe n'a pu inclure des extraits de lettres, et a du paraphraser).
Au final ? une moitié sans grand intérêt sur Salinger commençant à s'imaginer écrivain, et une autre sur Salinger s'invenant reclus après le succès. A la limite, j'aurais presque préféré une biographie imaginaire, ou bien un biographe abandonnant toute distance pour plonger dans cette folie, un peu comme Emmanuel Carrière avec Dick.
5- Quel livre êtes-vous en train de lire en ce moment ?
James Grady, "La ville des ombres". Un thriller sur le thème du Watergate, vu de l'intérieur, bouquin pioché à la suite de mon obsession du moment pour les romanciers de la face sombre de l'Amérique. Plutôt décevant jusqu'ici: intrigue trop alambiquée, style qui tente parfois de faire de l'Ellroy sans grand succès, descriptions trop lisses.
6- Cinq livres que vous emporteriez sur une île déserte ?
Sans doute cinq livres que j'adore et dont j'ai l'impression que je n'en ferai jamais le tour.
En premier "Ada", de Vladimir Nabokov. J'ai lu Ada pour la première fois il y a une douzaine d'année et le souvenir de sa féérie n'a pas faibli.
Don DeLillo, "Les noms", pour ce grondement souterrain et le choc de la langue des dernières pages.
Peut-être "American Psycho", de l'écriture comme toute-puissance, ou bien, le jour où elle sera terminée, la trilogie "American Tabloid", "American Death Trip", et "American Madness", de James Ellroy.
Sans doute un Camus, "L'étranger" ou "Le mythe de Sisyphe".
"Les choses" de Perec, un autre roman-monde.
Je fais aussi cette liste pour mémoire. Je suis curieux de la comparer avec une liste similaire que je pourrais faire dans cinq ans.
7- À qui allez-vous passer ce questionnaire?
A qui voudra. Mais je serais curieux de savoir les réponses de certains.

