21.2.05
Nouveau carnet
Hop, comme j'en parlais il y a quelque temps, naissance d'un troisième carnet. o(ther)l/log sera le frère de celui-ci, mais plutôt pour des notules techniques, geekisantes, avancement des petits projets perso, etc. Et probablement en anglais la plupart du temps.
19.2.05
Carnavalet
Visite impromptue cet après-midi du Musée Carnavalet.
Ma vision du musée avant la visite ? Vous savez, toutes les reproductions de tableaux historiques dans les livres d'histoire ? Avec la prise de la bastille, l'illustration du serment du jeu de paume, une enseigne d'artisan du moyen-âge ? Toutes ces photos avec la mention "Collection du Musée Carnavalet" en dessous. Bref, pas forcément flatteur.
Ma vision du musée ensuite ? Euh, pas si différente. Muséographie vraiment brouillonne, un peu datée. Beaucoup d'accumulations de tableaux, peu de repères historiques. L'autre problème, un peu inhérent vu les collections, c'est le flirt avec le kitsch: par exemple les grands monuments de Paris reproduits sur faïences. Ou l'imagerie naïve/idéaliste de la révolution. Du coup, on se faisait avec la Miss la réflexion qu'on n'avait jamais vraiment vu de musée 'historique' avec un organisation vraiment attirante. Peut-être faudrait-il une première salle 'synthétique' et ensuite des repères beaucoup plus présents dans les salles, un parcours plus lisible, peut-être plus thématique, ...
Autre déception: à part quelques maquettes (dont certaines d'îlots "insalubres" depuis disparus), il n'y a quasiment rien sur l'évolution de Paris, la ville modelée par l'histoire, les transformations du Paris populaire. Bref, c'est de l'histoire très traditionnelle, l'opposé total d'un Paris en transformation, social, révolutionnaire avant et après 1789, des quartiers qui implosent. Bref, le pôle opposé de l'approche d'un Eric Hazan dans "l'invention de Paris", formidable bouquin.
Les moments marquants ? La salle de bal de l'Hotel Wendel, presque bichrome, curieuse par ses peintures qui joignent mur et plafond, les pirogues antiques de Bercy, et une peinture satirique de la guillotine aux enfers. Une jolie exposition temporaire de photographies sur l'enfance et Paris, avec beaucoup de clichés du Paris populaire du tout début du siècle.
Un peu frustrant tout ça, surtout sachant qu'un des bons bouquins sur le Paris historique est l'atlas de Paris, écrit par deux personnes de Carnavalet...
Ma vision du musée avant la visite ? Vous savez, toutes les reproductions de tableaux historiques dans les livres d'histoire ? Avec la prise de la bastille, l'illustration du serment du jeu de paume, une enseigne d'artisan du moyen-âge ? Toutes ces photos avec la mention "Collection du Musée Carnavalet" en dessous. Bref, pas forcément flatteur.
Ma vision du musée ensuite ? Euh, pas si différente. Muséographie vraiment brouillonne, un peu datée. Beaucoup d'accumulations de tableaux, peu de repères historiques. L'autre problème, un peu inhérent vu les collections, c'est le flirt avec le kitsch: par exemple les grands monuments de Paris reproduits sur faïences. Ou l'imagerie naïve/idéaliste de la révolution. Du coup, on se faisait avec la Miss la réflexion qu'on n'avait jamais vraiment vu de musée 'historique' avec un organisation vraiment attirante. Peut-être faudrait-il une première salle 'synthétique' et ensuite des repères beaucoup plus présents dans les salles, un parcours plus lisible, peut-être plus thématique, ...
Autre déception: à part quelques maquettes (dont certaines d'îlots "insalubres" depuis disparus), il n'y a quasiment rien sur l'évolution de Paris, la ville modelée par l'histoire, les transformations du Paris populaire. Bref, c'est de l'histoire très traditionnelle, l'opposé total d'un Paris en transformation, social, révolutionnaire avant et après 1789, des quartiers qui implosent. Bref, le pôle opposé de l'approche d'un Eric Hazan dans "l'invention de Paris", formidable bouquin.
Les moments marquants ? La salle de bal de l'Hotel Wendel, presque bichrome, curieuse par ses peintures qui joignent mur et plafond, les pirogues antiques de Bercy, et une peinture satirique de la guillotine aux enfers. Une jolie exposition temporaire de photographies sur l'enfance et Paris, avec beaucoup de clichés du Paris populaire du tout début du siècle.
Un peu frustrant tout ça, surtout sachant qu'un des bons bouquins sur le Paris historique est l'atlas de Paris, écrit par deux personnes de Carnavalet...
18.2.05
Rarum
Correction au chiffre d'hier: 7327 morceaux. Grâce aux :rarum, prodigieuse compilation du label ECM. Oui, ECM, le label du jazz zen tendance étendues glacées, le label de Jarrett, Garbarek, ...Eh bien ces compilations éraflent sérieusement la caricature. La palette des artistes et des styles présentés par Manfred Eicher est bien plus riche que la tendance 'saxo limpide avec un max de reverb' qu'on associe un peu trop souvent avec les pochettes dépouillées et arty d'ECM.
Et une des raisons de la beauté de ces deux coffrets, c'est le principe de base: un disque par artiste, et sur chaque disque, c'est le musicien qui choisit le programme, totalement librement, en piochant dans sa discographie. Je n'ai pas tout écouté encore, mais il y a des redécouvertes jouissives, par exemple Jarrett ouvrant son double CD par trois pièces improvisées pour clavecin, ou encore un morceau d'orgue hal-lu-ci-nant qui ferait tripper bien des maîtres de l'ambient.
Des découvertes aussi, parce que la collection est l'occasion de donner un grand espace à des sidemen d'ECM, certains familiers (DeJohnette, ...) ou des noms qui étaient pour moi des parfaits inconnus (dont un guitariste incroyable, Terje Rypdal). Et les choix de certains musiciens sont alléchants: s'il n'est pas trop surprenant de voir un Jarrett faire redécouvrir ses pièces solo overdubbées (Spirit), certaines pièces comme les improvisations de John Surnam sur de simples nappes méritent amplement le détour.
C'est chouette, un label qui fait confiance à ses musiciens.
14.2.05
Chic, un meme musical
Vu chez l'ami Kwyxz (note au passage: en suivant les liens, on remonte à 5 degrés de séparation avant de perdre le fil - une réception par mail sans lien). Note pour soi: fouiller sur la toile à la recherche de papiers récents sur des analyses et représentations de la structure sociale des carnets et des mêmes sur iceux. J'en avais lu, mais il y a 2-3 ans, ça ne doit plus trop être à jour.
Enfin bon, le mème donc:
Combien de fichiers musicaux possédez-vous sur votre ordinateur?
7075, soit 23 jours, 5 heures, 47 minutes et 16 secondes d'écoute continue. Près de 45 Go. Tous viennent de ma collection de CDs, hormis une vingtaine de morceaux achetés sur l'iTunes Music Store.
Curieusement, aucun de ces morceaux vient d'un réseau P2P. Je n'aime pas le P2P. Je n'aime pas plus l'attitude des majors, mais c'est juste que le P2P ne correspond pas à mon rapport à la musique. Peut-être l'objet d'une future note.
Quel est le dernier CD que vous avez acheté ?
"Extended Revelation (for the Psychic Weaklings of Western Civilization)", album de 1998 de "The Soundtrack of Our Lives".
"Soundtrack of our lives", groupe suédois un peu trop virtuose, un peu trop recycleur de vieilles soupes, mais souvent intéressant. J'y suis venu via Stickman qui a édité certains albums. Et Stickman ? Parce que c'est le camp de base de Motorpsycho, coup de foudre 2004. Ecoute in-dis-pen-sa-ble.
Et pourquoi Motorpsycho ? Parce qu'ils étaient remerciés/cités dans un album de Jaga Jazzist, excellent combo jazz électro/acoustique scandinave, autre énorme coup de coeur de ces dernières années.
Citez cinq chansons que vous écoutez souvent ou qui représentent beaucoup pour vous.
Je peux parler des chansons qui représentent beaucoup pour moi d'un point de vue musical, pas d'un point de vue émotionel (ce n'est pas le lieu).
Et là, dilemme. Les morceaux que j'écoute souvent, les 'plus grands' morceaux dans mon panthéon personnel ? Ou bien les morceaux de rupture, qui représentent le passage à d'autres musiques, la découverte de certains artistes ? Allez, on va faire les deux.
Les morceaux parfaits d'abord:
Pour les 5 morceaux pandanlagl, comme dirait Franquin, des morceaux de basculement dans ce que je connaissais:
Quelle est la dernière chanson que vous ayez écoutée avant de lire ce texte?
"Mountain Goat", sur l'album de 1993 de "Tales of Ephidrina" des "Amorphous Androgynous" (un pseudonyme de "Future Sound of London")
À qui allez-vous faire passer ce message et pourquoi?
Personne en particulier. Qui lira verra.
PS: oui, je sais, j'ai mis certains liens en iTMS, c'est mal. Mais au moins les previews sont de bonne qualité.
Enfin bon, le mème donc:
Combien de fichiers musicaux possédez-vous sur votre ordinateur?
7075, soit 23 jours, 5 heures, 47 minutes et 16 secondes d'écoute continue. Près de 45 Go. Tous viennent de ma collection de CDs, hormis une vingtaine de morceaux achetés sur l'iTunes Music Store.
Curieusement, aucun de ces morceaux vient d'un réseau P2P. Je n'aime pas le P2P. Je n'aime pas plus l'attitude des majors, mais c'est juste que le P2P ne correspond pas à mon rapport à la musique. Peut-être l'objet d'une future note.
Quel est le dernier CD que vous avez acheté ?
"Extended Revelation (for the Psychic Weaklings of Western Civilization)", album de 1998 de "The Soundtrack of Our Lives".
"Soundtrack of our lives", groupe suédois un peu trop virtuose, un peu trop recycleur de vieilles soupes, mais souvent intéressant. J'y suis venu via Stickman qui a édité certains albums. Et Stickman ? Parce que c'est le camp de base de Motorpsycho, coup de foudre 2004. Ecoute in-dis-pen-sa-ble.
Et pourquoi Motorpsycho ? Parce qu'ils étaient remerciés/cités dans un album de Jaga Jazzist, excellent combo jazz électro/acoustique scandinave, autre énorme coup de coeur de ces dernières années.
Citez cinq chansons que vous écoutez souvent ou qui représentent beaucoup pour vous.
Je peux parler des chansons qui représentent beaucoup pour moi d'un point de vue musical, pas d'un point de vue émotionel (ce n'est pas le lieu).
Et là, dilemme. Les morceaux que j'écoute souvent, les 'plus grands' morceaux dans mon panthéon personnel ? Ou bien les morceaux de rupture, qui représentent le passage à d'autres musiques, la découverte de certains artistes ? Allez, on va faire les deux.
Les morceaux parfaits d'abord:
- La "Toccata en mi mineur (BWV 914)" de Bach, jouée par Glenn Gould (non, pas -cette- toccata là, une autre). Et en particulier la fugue finale. On parle souvent de musique d'île déserte. La voilà, je pourrais l'écouter sans fin, et elle me remue toujours autant.
- "Lark's Tongues In Aspic (Part III)", un live de King Crimson "Absent Lovers". Morceau assez violent, que j'associe bizarrement souvent avec la pièce précédente. Un bout de rock bizarre, dont la construction tient de l'épure. Et j'hésiste beaucoup entre celui-ci et "Discipline", des mêmes, qui serait un hybride rock de l'item précédent et du suivant. Si si.
- "String Quartet No. 5", les quatuors de Philip Glass joués par le Kronos Quartet. J'ai eu de la chance: j'ai acheté ce premier disque de Glass sur une impulsion, sans rien connaître de lui, et je suis tombé sur des pièces qui restent jusqu'ici mes préférées. Dépouillées, totalement mélancoliques.
- "Zaar", sur "Passion", l'album instrumental de Peter Gabriel. Si j'avais à faire la liste des 5 albums, "Passion" en ferait partie. Un album parfait.
- "Les marquises" de Brel. Parce que 5 chansons, c'est bien trop peu et que ça m'évitera de remettre de l'Electronica, du minimalisme contemporain ou du rock expérimental. Voire du jazz électro nordique. Et parce que je trouve que c'est la plus belle des chansons de Brel.
Pour les 5 morceaux pandanlagl, comme dirait Franquin, des morceaux de basculement dans ce que je connaissais:
- "Perfect Lover" de Venus, sur "The Man Who Was Already Dead". Un truc entendu par hasard à la radio chez Lenoir, un de ces moments où l'on reste scotché, en se demandant jusqu'au bout 'mais c'est quoi ça ??'. Un mélange des genres qui me fait aimer aussi le merveilleux patchwork du "Happy Suicide" de David Byrne.
- "L'est dans la vallée" de Rodolphe Burger et Olivier Cadiot. Entendu probablement la première fois sur Nova. Un creuset terrible de boucles de guitares, de boite à rythmes, de samples de parler welchs (un patois du nord-est, encore parlé par quelques centaines de personnes âgées) et d'une chanson folk popularisée par Dylan. Ça a l'air complètement improbable, mais c'est formidable.
- "Cascade" de Future Sound of London, sur "Lifeforms". Un morceau tout en texture, sans véritable mélodie, simplissime en apparence, insondable, indéchiffrable. "Lifeforms" est sans doute -le- CD qui m'a amené à l'electronica.
- "Outside" de Bowie. Ça reste pour moi un des ces grands morceaux capables de faire naître une ambiance, entre Babylon Babies et Bilal. Vénéneux, décadent, sombre. Pas étonnant, Eno était aussi aux manettes.
- "Once in a lifetime". La découverte de Talking Heads. J'étais passé très près de Talking Heads avec la B.O. extraordinaire de "Until the end of the world" qui contenait "Sax and Violins", entre autres gemmes. Album extraordinaire, une vingtaine d'artistes, mais une unité de ton et de qualité hallucinante.
Quelle est la dernière chanson que vous ayez écoutée avant de lire ce texte?
"Mountain Goat", sur l'album de 1993 de "Tales of Ephidrina" des "Amorphous Androgynous" (un pseudonyme de "Future Sound of London")
À qui allez-vous faire passer ce message et pourquoi?
Personne en particulier. Qui lira verra.
PS: oui, je sais, j'ai mis certains liens en iTMS, c'est mal. Mais au moins les previews sont de bonne qualité.
6.2.05
Delinquance, morceaux choisis
C'est dans un rapport parlementaire, et c'est hallucinant, totalement hallucinant. Ça fait très "le bon sens près de chez vous" vous propose (tadaaam), les Nouvelles Lois Sécuritaires (tadzaaaam).
3.2.05
Nulla Dies Sine Linea
"Nul jour sans ligne", état des lieux.
C'est évident que j'ai (re)pris ce(s) carnet(s) aussi comme une autodiscipline, comme un moyen de reprendre un peu pied dans le plaisir d'écrire. La rédaction finale de la thèse a été assez terrible pour cela, au point où pendant près de deux ans, je n'ai plus vraiment éprouvé le désir de noter, griffonner, brouilloner.
D'où l'idée du carnet web pour se forcer un peu à retrouver cette habitude et peut-être l'envie d'écrire, et ce après une tentative vite avortée il y a un an (ce qui est douloureusement ironique - don't ask).
Bilan d'étape: mitigé, tendance haute. Même si la règle de Nulla Dies sine Linea n'a pas été forcément scrupuleusement respectée, j'arrive quand même à faire nettement plus qu'une ou deux notes par semaine. Autre constat: les deux carnets sont utiles. Celui-ci, et l'autre. Les sujets abordés n'étant pas exactement les mêmes, et l'autre ayant l'absence d'identification, il est assez facile, quand la page blanche guette un carnet, d'essayer l'autre. Au point où je me demande si un troisième carnet ne serait pas intéressant (nettement plus tech, par exemple). Difficultés et ratage: toujours un malaise avec le ton et le style - et l'usage du je, un comble -, pas de bribes photographiques comme j'aurais voulu, pas assez de journal de bord des griffonnages, codouillages, musicouillages, pas assez de notes sur bouquinages.
C'est évident que j'ai (re)pris ce(s) carnet(s) aussi comme une autodiscipline, comme un moyen de reprendre un peu pied dans le plaisir d'écrire. La rédaction finale de la thèse a été assez terrible pour cela, au point où pendant près de deux ans, je n'ai plus vraiment éprouvé le désir de noter, griffonner, brouilloner.
D'où l'idée du carnet web pour se forcer un peu à retrouver cette habitude et peut-être l'envie d'écrire, et ce après une tentative vite avortée il y a un an (ce qui est douloureusement ironique - don't ask).
Bilan d'étape: mitigé, tendance haute. Même si la règle de Nulla Dies sine Linea n'a pas été forcément scrupuleusement respectée, j'arrive quand même à faire nettement plus qu'une ou deux notes par semaine. Autre constat: les deux carnets sont utiles. Celui-ci, et l'autre. Les sujets abordés n'étant pas exactement les mêmes, et l'autre ayant l'absence d'identification, il est assez facile, quand la page blanche guette un carnet, d'essayer l'autre. Au point où je me demande si un troisième carnet ne serait pas intéressant (nettement plus tech, par exemple). Difficultés et ratage: toujours un malaise avec le ton et le style - et l'usage du je, un comble -, pas de bribes photographiques comme j'aurais voulu, pas assez de journal de bord des griffonnages, codouillages, musicouillages, pas assez de notes sur bouquinages.
1.2.05
Hedda Gabler
Après la catastrophe de la mise en scène par Polanski l'an dernier, on attendait beaucoup avec la Miss de cette version à l'Odéon avec Isabelle Huppert.
Déception encore. C'est très clairement meilleur, mais la mise en scène est assez déroutante. Lente, hiératique, hachant le texte et parfois le rendant presque comique - une interjection entourée de 5 secondes de blanc, ça ne fonctionne pas vraiment. Les personnages sont très monolithiques, Tesman est pleinement immature, Thea mérite d'être l'idiote décrite par Hedda, Loevborg guère fascinant et la tante Julie est un choix de distribution étrange. Et Hedda Gabler ? Bien, très bien parfois. Huppert donne l'impression de 20 ans de moins, mais n'arrive pas franchement à émouvoir, trop une épure. Et le très beau décor dépouillé, géométrique qui ramène tous les lieux de la pièce sur le plateau ne fait qu'accentuer la froideur.