4.2.07
Inventaire
Un soufflet, un coup de poing ou le fait de tirer quelqu'un par les cheveux est taxé trente sous, donc cinq pour les échevins, dix pour le châtelain et quinze pour la victime. Un coup de bâton sans effusion de sang coûte dix livres: six vont au prince (qui en rétrocède une au châtelain, trois à l'agressé, une à la ville. Traîner une personne par les cheveux est sanctionné par une amende de onze livres et demie (dix pour le prince, dix sous pour le châtelain, quinze sous au plaignant, cinq sous à la ville). Enfin la très lourde amende de soixante livres, intégralement versée au souverain, s'applique dans de nombreux cas : port d'armes, poursuite en armes d'un habitant dans les limites de la banlieue, vol, irrévérence face aux juges échevinaux, non-respect par un échevin de l'inviolabilité d'un domicile, faux témoignage dans une affaire concernant les privilèges urbains, blessure ne se révélant pas mortelle (dite "plaie à banlieue" ou encore "plaie ouverte et sang courant").
Robert Muchembled, "Le temps des supplices. De l'obéissance sous les rois absolus - XVè-XVIIIè siècle"
Pioché dans une étude assez fascinante sur l'autorité - et comment elle s'est construite - jusqu'en 1789. Dans le cas recopié ici, le fonctionnement était avant tout économique, ce n'était pas les classes sociales les plus hautes qui étaient concernées par ce type de délits, et le paiement de l'amende était loin d'être anodine (et loin d'être sans effet pour l'aggressé). Au point au les impécunieux préféraient souvent l'exil hors de la cité, même si c'était en pratique synonyme de mort civile (au mieux).