6.2.06

Les lundis 5 ✭ ♫ : "Perfect Lover" de Venus

L'idée vient de jwz: donner une petite note à chaque morceau de sa discothèque. Sur iTunes, la chose n'est pas très compliquée, avec les petites ✭✭✭✭✭. Bon, j'avoue être encore loin d'avoir étoilé l'intégralité des mes 8111 morceaux, mais cela fait longtemps que j'accord amoureusement la note maximale à quelques musiques. Pour les "5 étoiles" la définition de jwz est assez imagée: "An ass-kicking, incredible, all-time favorite.". Ma définition est un peu plus simple: un morceau simplement parfait.

Là dessus, Tim Bray raffine le principe: tous les lundis, faire un post à propos d'un de ces fameux morceaux quintuplement étoilés. Si possible sans tomber dans le commun.

Vu mon goût à garder des 'perfect list' au chaud, l'idée m'amuse. Essayons...

Perfect Lover, sur "The man who was already dead" de Venus.

Venus s'est monté en Belgique à la fin des années 90 autour de 5 artistes manifestement décidés à jouer quelque peu avec les frontières du rock: des mélodies trop travaillées et sombres pour être vraiment pop, un son très clair, très souvent acoustique, une intensité sans second degré. Un bon exemple, et un de leurs morceaux les plus célèbres est "Beautiful Days", utilisé pour le générique de fin d'Immortel.

Ma première exposition à Venus a été un pur hasard, en écoutant un soir le début émission de Bernard Lenoir, et justement avec ce "Perfect Lover".

Applaudissement, quelques violons frisottants, une bribe de mélodie. Quelques bois un peu inquiets pour suivre, reprise du thème avec un roulement de percussion. Deuxième faux départ, deuxième appel des bois. Reprise du thème, harpe, quelques cuivres, et cette fois-ci vrai démarrage, les violons enchainent. On croit de nouveau à un arrêt et non, une vraie batterie rock arrive et la voix de Marc A. Huyghens, chantant en anglais. Et jusqu'à la fin du morceau, un mélange très déroutant d'une authentique mélodie rock et d'une orchestration classique. Disons pour résumer: James Bond rencontre David Bowie.

L'explication du mélange: ce "Perfect Lover" figure initialement sur l'album "Welcome to the modern dance hall" de 1999 dans une version beaucoup plus habituelle (mais toujours avec ce fort accent acoustique propre à Venus). Fin 2000, le groupe donne carte blanche au compositeur Renaud Lhoest pour réorchestrer les chansons du groupe. Les nouvelles versions sont jouées en concert à Bruxelles et enregistrées, le tout donnant "The man who was already dead", très bel album, évitant tous les écueils habituels des mariages contre nature rock/classique.

Malheureusement, l'iTunes Music Store ne contient que la version de "Welcome to the Modern Dance Hall". Le disque lui-même commence à être difficile à trouver mais je l'ai encore croisé dans des bacs de FNAC et en import sur Amazon.

Et bravo à Lenoir d'ouvrir par un morceau aussi atypique, les habitués ont du se demander pendant une minute si c'était du lard ou du cochon.

(et si le titre semble contenir des caractères étranges, voir ici)

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