25.2.06

Dessins pointus

Jolie et improbable exposition au Musée d'Art Naïf de la Halle St-Pierre, sur le dessin contemporain - et vue in extremis (fin le 26 février, gasp). Sont réunis une petite vingtaine d'artistes, de beaucoup d'horizons différents (d'Anne Van Der Linden à Willem en passant par Pierre la Police). Le thème ? le dessin contemporain, sous toute ses formes, et surtout en toute liberté. Seul regret, la petite-sous représentation d'artistes du monde de la BD, certains novateurs comme Nicolas de Crécy, Philippe Druillet ou François Schuiten n'auraient pas déparé et complété le paysage.


En parcourant les salles, deux parallèles me venaient en tête. Le premier c'est Topor, en particulier le Topor des "dessins panique", tant le mélange aliénation / sexe / folie teinté d'absurde et d'un brin de surréalisme se retrouve fréquemment. Le deuxième, plus étonnant peut-être, c'est Escher. Déjà parce qu'on retrouve quelque fois dans le trait et la technique une maîtrise qui font penser aux délicates nuances des lithographies de MCE, comme par exemple chez Killofer la beauté des dégradés et certaines planches très 'architecturales', flirtant avec l'art nouveau.

L'autre raison c'est le goût des perspectives, des dessins passant d'un point de vue à un autre d'un bout à l'autre du papier, ou des angles impossibles, qu'on voit chez Bart Powers par exemple. La dernière analogie qu'on pourrait trouver, c'est sur la succession de motifs, la transformation d'une pattern d'un bout à l'autre de la feuille, et l'oeuvre la plus impressionnante de l'exposition de ce point de vue c'est sans doute l'immense fresque de plusieurs mètres de Jean-Pierre Nadau, une vue de Paris qui se déroule et se transforme, en petits entrelacs à l'encre de chine, magnifique.

Autres coups de coeur: les petites vignettes (en particulier celles en couleur) de Willem, ses tranches de vies moscovites, comme des respirations parmi ses dessins de presse plus classiques. Et Glen Baxter, avec ses méticuleuses petites absurdinettes. Egalement Isabelle Jarousse, avec des belles multitudes de petits personnages imbriqués, un fourmillement à la Jerome Bosch, des toiles froissées comme des plans en relief de pays imaginaires.

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