25.11.05
En forme de cercle
Que faire pendant une semaine de vacances ? Se remettre un peu au Stick, au piano et à Logic.
Et histoire d'être un peu sérieux entre deux amusements, j'ai essayé de mieux comprendre de l'intérieur comment fonctionne un style de musique qui me fascine: les musiques en forme de cercle. Musique répétitive, minimaliste, drone-music, etc. Philip Glass, Steve Reich, Keith Fullerton Whitman, et ainsi de suite.
D'où l'idée de travailler un peu sur Logic sur des choses très simples pour mieux saisir tout cela. Des Etudes, quoi.
Contraintes: interdiction d'utiliser des delays ou des échos. Que des sons purs. Interdiction de tirer parti d'une mélodie: on reste sur du 'la' pendant tout l'extrait et deux autres notes pour agrémenter, un mi et un ré (le koto introduit aussi un si bémol, mais c'est tout). Que des motifs courts -sans- modifications au cours du temps, en laissant à chaque motif une durée différente pour obtenir des déphasages entre les motifs. Un exemple public, par esprit de mortification, "IV" (si les musiques répétitives suscitées vous hérissent le poil, n'essayez même pas d'écouter un -mauvais- exemple comme celui là):
Circling IV
Conclusions ? Ça fonctionne vaguement pendant les 3 premières minutes (hormis le la-mi/la-ré bien trop présent au piano électrique), avec l'arrivée des deux lignes de basse par dessus les 2 pianos et le piano électrique. Après ça se gate. Déjà la texture du koto tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, puis l'arrivée d'une texture entremêlée vers 3:30 (un bête arpège la-mi-la joué deux fois très légèrement différement et d'une durée un rien distincte) n'arrive pas à se fondre dans l'existant. La texture en soi est amusante avec des jolis déphasages et fait un peu penser aux premières secondes de 'once in a lifetime'. Mais là, ça s'intègre mal. Et sur la fin, tous les croisements manquent un peu d'intérêt, et fonctionnent moins bien que sur les entrelacements du début.
Et encore, "IV" est un des rares essais vaguement écoutables, la majorité des tentatives n'a evidemment rien donné: les motifs rapides sont bien plus difficiles à agencer, le choix des sons est beaucoup plus difficile qu'il n'y parait pour ne pas obtenir quelque chose totalement illisible, et même des motifs extrèmement simples peuvent donner des catastrophes une fois entrelacés.
Bref, ça confirme ce que je savais pour avoir lutté pour jouer certaines partitions de Philip Glass au piano: ces styles de musique sont étonnement difficiles à interpréter, et à analyser. Loin du 'bah, c'est toujours la même chose' de 'bon sens'.
Bon, et si vous ne connaissez pas ces musiques, essayez les extraits de Multiples de Keith Fullerton Whitman ou de Electric Counterpoint de Reich ("Music for 18 musicians" serait mieux, mais je n'ai pas trouvé d'extrait en ligne).
Et histoire d'être un peu sérieux entre deux amusements, j'ai essayé de mieux comprendre de l'intérieur comment fonctionne un style de musique qui me fascine: les musiques en forme de cercle. Musique répétitive, minimaliste, drone-music, etc. Philip Glass, Steve Reich, Keith Fullerton Whitman, et ainsi de suite.
D'où l'idée de travailler un peu sur Logic sur des choses très simples pour mieux saisir tout cela. Des Etudes, quoi.
Contraintes: interdiction d'utiliser des delays ou des échos. Que des sons purs. Interdiction de tirer parti d'une mélodie: on reste sur du 'la' pendant tout l'extrait et deux autres notes pour agrémenter, un mi et un ré (le koto introduit aussi un si bémol, mais c'est tout). Que des motifs courts -sans- modifications au cours du temps, en laissant à chaque motif une durée différente pour obtenir des déphasages entre les motifs. Un exemple public, par esprit de mortification, "IV" (si les musiques répétitives suscitées vous hérissent le poil, n'essayez même pas d'écouter un -mauvais- exemple comme celui là):
Circling IV
Conclusions ? Ça fonctionne vaguement pendant les 3 premières minutes (hormis le la-mi/la-ré bien trop présent au piano électrique), avec l'arrivée des deux lignes de basse par dessus les 2 pianos et le piano électrique. Après ça se gate. Déjà la texture du koto tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, puis l'arrivée d'une texture entremêlée vers 3:30 (un bête arpège la-mi-la joué deux fois très légèrement différement et d'une durée un rien distincte) n'arrive pas à se fondre dans l'existant. La texture en soi est amusante avec des jolis déphasages et fait un peu penser aux premières secondes de 'once in a lifetime'. Mais là, ça s'intègre mal. Et sur la fin, tous les croisements manquent un peu d'intérêt, et fonctionnent moins bien que sur les entrelacements du début.
Et encore, "IV" est un des rares essais vaguement écoutables, la majorité des tentatives n'a evidemment rien donné: les motifs rapides sont bien plus difficiles à agencer, le choix des sons est beaucoup plus difficile qu'il n'y parait pour ne pas obtenir quelque chose totalement illisible, et même des motifs extrèmement simples peuvent donner des catastrophes une fois entrelacés.
Bref, ça confirme ce que je savais pour avoir lutté pour jouer certaines partitions de Philip Glass au piano: ces styles de musique sont étonnement difficiles à interpréter, et à analyser. Loin du 'bah, c'est toujours la même chose' de 'bon sens'.
Bon, et si vous ne connaissez pas ces musiques, essayez les extraits de Multiples de Keith Fullerton Whitman ou de Electric Counterpoint de Reich ("Music for 18 musicians" serait mieux, mais je n'ai pas trouvé d'extrait en ligne).