18.11.05

Creanciers

"Créanciers" d'August Strindberg, Théatre de l'Atelier.

Lambert Wilson. Ecrasant de présence, Par ce physique qui donne l'impression de remplir tout le plateau sans avoir à bouger, par une voix à charrier de la rocaille. Et le rôle qui va avec, Gustav, impérieux, doux, inhumain, juste "un veuf qui enseigne les langues mortes", qui à force de ressentiment, cède la place à un diable incarné dans un costume trois pièces.

Jean-Pierre Lorit, Adolphe, souris dans les griffes de deux chats, forcément, punching-ball avec des espoirs trop doux pour un cet "ami" et cette femme. A trop offrir à l'autre, on se retrouve désséché, coquille vide où ne surnagent que quelques psychoses.

Emmanuelle Devos, Tekla, cible trop parfaite de la misogynie de Strindberg. Coupable d'avoir été modelée par ses deux hommes, et - le comble - d'en avoir pris conscience et d'y puiser sa liberté, de vouloir s'échapper par l'écriture et les amants.

Plus qu'à étudier les combinaisons de ces trois blocs de souffrance, deux à deux, les uns après les autres, jusqu'à ce que la flétrissure arrive, par le simple rire de passants, et qu'à force de vouloir blesser l'un, on fasse périr l'autre.
Rien de personnel, c'est juste mathématique.

Commentaires:
Tiens, je me demandais pourquoi il y avait un torse sur l'affiche...
 
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