18.9.05

Dino

Dean Martin, ça évoque quoi ? Un crooner, un sous-Sinatra ? Un acteur des 50's / 60's ? Le type avec qui Jerry Lewis a débuté ?

Guère plus. Et je n'en étais même pas à ce point là.

Alors, pourquoi lire ce livre ? A cause de la couverture ? Parce qu'une biographie publiée chez Rivages/Noir, ça intriguait ? A cause de l'a-priori favorable que j'ai sur Nick Tosches, sans réelle raison (à part le fait que je ne cesse de le confondre avec Nik Cohn) ? Parce que le sous-titre, "la belle vie dans la sale industrie du rêve" ça sonnait bien ?

N'importe. Dino, c'est l'anti biopic, c'est à ranger dans les grandes biographies hantées, où on se demande où commence la voix du biographe et où finit celle de son sujet, façon Carrère avec Philip K. Dick. Dino, c'est le putain de voyage d'un fils d'émigrés italiens dans les années Kodachrome de l'Amérique. Un Dino Crocetti qui grandit au temps de la prohibition et des casinos clandestins d'arrières boutiques. Qui devient Dino Martini en partant chanter dans des restaurants chinois ou des night-clubs de second ordre. Et qui finit Dean Martin sans trop savoir comment, en crooner à New York ou Atlantic City, explosant dans des numéros mi-comique, mi-chant après sa rencontre avec un tout jeune Jerry Lewis. Et à passer, de night-club en night-club, de la radio aux casinos Vegas, le tout pour devenir une des icônes absolues d'Hollywood tout en en ayant strictement rien à foutre.

Rien à devoir à personne, rien à demander, rien à promettre. Ni aux moguls des studios, ni à la pègre, Sam Giancana et consorts. Car si Martin croise souvent les parrains, contrairement à Sinatra, il ne s'y brûlera jamais les doigts. A mi-chemin exactement entre les Kennedy et la face sombre de l'Amérique.

Trop classe. Trop détaché. Trop jouisseur. Baiseur impénitent et mari et père comblé. Paumé entre ses millions dont il n'a pas grand chose à faire mais qu'il gèrera toujours parfaitement. Un acteur qui gagnera l'estime de Monty Clift et Brando et qui finira sa filmographie par Cannonball 2. Un solitaire qui sera un membre actif du Rat Pack de Sinatra. Trop beau, trop cool.

Et Nick Tosches, d'une écriture de roman noir, heurtée, habitée, hallucinée, arrive à faire se rejoindre toutes ces histoires. Lewis et Martin. La Mafia. Camelot. Les jeux. L'alcool, et le sexe. Les contrats et les haines. Les histoires, pas l'Histoire non, elle n'est qu'en creux dans tout ça. Comme si finalement Nick Tosches avait fini par prouver que la réalité s'était contentée de broder par dessus un roman d'Ellroy.

Commentaires:
Dino j'le connais bien. J'l'ai connu au Texas. À l'époque on vivait à la ferme, on était des cow-boys.
 
Oui, il était même limite nervous break down.

Ol.
 
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