31.8.05
Libertinage
Posons les personnages.
D'abord, Jean-Baptiste Joseph François de Sade, père du futur divin marquis.
Ensuite le duc de Condé. Important personnage. Mal marié dans sa jeunesse, puis pendant longtemps avec une maîtresse, et à la mort de celle-ci, poussé à se remarier.
L'élue, une princesse allemande toute jeunette, on ne peut plus charmante. Mais tout cela pour ensuite la négliger après les noces, durant des années, et néanmoins en l'entourant de quelques personnes sûres promptes à lui rapporter toute tentative de flirt.
Bref, notre Comte de Sade, ayant quelques vues sur la charmante duchesse de Condé, décide de se marier avec une de ses intimes, pour se rapprocher de l'objet de ses attentions.
Et plus tard, ayant réussi à conquérir le lit de la duchesse, il subit un petit mouvement d'humeur de celle-ci:
Et encore une fois, ce n'est pas du Marquis de Sade dont il s'agit, mais de son père, un "simple" jeune noble ambitieux et libertin.
Le tout est extrait de notes autobiographiques de Jean-Baptiste de Sade, retrouvées dans les archives de la famille, et citées par Maurice Lever dans la biographie de l'auteur de Justine, "Donatien Alphonse François, Marquis de Sade", qui vient de rejoindre la Pile.
Bref, quand on parle des moeurs dépravées actuelles, on peut pouffer. Balaise, le XVIIIème.
D'abord, Jean-Baptiste Joseph François de Sade, père du futur divin marquis.
Ensuite le duc de Condé. Important personnage. Mal marié dans sa jeunesse, puis pendant longtemps avec une maîtresse, et à la mort de celle-ci, poussé à se remarier.
L'élue, une princesse allemande toute jeunette, on ne peut plus charmante. Mais tout cela pour ensuite la négliger après les noces, durant des années, et néanmoins en l'entourant de quelques personnes sûres promptes à lui rapporter toute tentative de flirt.
Bref, notre Comte de Sade, ayant quelques vues sur la charmante duchesse de Condé, décide de se marier avec une de ses intimes, pour se rapprocher de l'objet de ses attentions.
Enfin, le jour arriva. M. le Duc revint de Chantilly pour faire la noce qui se fit à l'htôtel de Condé. J'étais déjà dans le lit que [la nouvelle] Mme de Sade tenait encore la main de Mme la duchesse en la priant de ne la pas quitter. La présence de cette princesse animait mes transports et me rendait plus vif et plus pressé que je ne l'eusse été sans elle, quoique ma femme fût d'une figure aimable.
Et plus tard, ayant réussi à conquérir le lit de la duchesse, il subit un petit mouvement d'humeur de celle-ci:
Un jour que je crus l'avoir satisfaite - et quelle femme de ne l'eût été -, elle se mit à pleurer et à dire qu'elle était bien malheureuse, qu'elle risquait sa vie pour se livrer à moi, puisque si son mari découvrait le commerce que nous avions ensemble, il ne manquerait pas de l'immoler à sa fureur et que je ne l'aimais pas assez pour la dédommager de ses craintes. Je lui répondis en faisant un grand écal de rire:
" Quoi Madame, vous doutez encore de l'excès de mon amour pour vous ? Que faut-il pour vous persuader ? "
Elle fut un peu décontenancée.
- J'aurais lieu d'être content, me dit-elle, si je ne savais pas d'ailleurs que vous faites mieux quand vous voulez, et Madame de S[ade] m'a dit des particuliarités de la première nuit de vos noces qui me font craindre que vous ne la trouviez plus aimable que moi.
- Madame de Sade était si novice, lui dis-je qu'il m'a été aisé de la tromper. Outre qu'il y a si peu de différence que ce n'est pas la peine me le reprocher."
Et encore une fois, ce n'est pas du Marquis de Sade dont il s'agit, mais de son père, un "simple" jeune noble ambitieux et libertin.
Le tout est extrait de notes autobiographiques de Jean-Baptiste de Sade, retrouvées dans les archives de la famille, et citées par Maurice Lever dans la biographie de l'auteur de Justine, "Donatien Alphonse François, Marquis de Sade", qui vient de rejoindre la Pile.
Bref, quand on parle des moeurs dépravées actuelles, on peut pouffer. Balaise, le XVIIIème.