19.2.05
Carnavalet
Visite impromptue cet après-midi du Musée Carnavalet.
Ma vision du musée avant la visite ? Vous savez, toutes les reproductions de tableaux historiques dans les livres d'histoire ? Avec la prise de la bastille, l'illustration du serment du jeu de paume, une enseigne d'artisan du moyen-âge ? Toutes ces photos avec la mention "Collection du Musée Carnavalet" en dessous. Bref, pas forcément flatteur.
Ma vision du musée ensuite ? Euh, pas si différente. Muséographie vraiment brouillonne, un peu datée. Beaucoup d'accumulations de tableaux, peu de repères historiques. L'autre problème, un peu inhérent vu les collections, c'est le flirt avec le kitsch: par exemple les grands monuments de Paris reproduits sur faïences. Ou l'imagerie naïve/idéaliste de la révolution. Du coup, on se faisait avec la Miss la réflexion qu'on n'avait jamais vraiment vu de musée 'historique' avec un organisation vraiment attirante. Peut-être faudrait-il une première salle 'synthétique' et ensuite des repères beaucoup plus présents dans les salles, un parcours plus lisible, peut-être plus thématique, ...
Autre déception: à part quelques maquettes (dont certaines d'îlots "insalubres" depuis disparus), il n'y a quasiment rien sur l'évolution de Paris, la ville modelée par l'histoire, les transformations du Paris populaire. Bref, c'est de l'histoire très traditionnelle, l'opposé total d'un Paris en transformation, social, révolutionnaire avant et après 1789, des quartiers qui implosent. Bref, le pôle opposé de l'approche d'un Eric Hazan dans "l'invention de Paris", formidable bouquin.
Les moments marquants ? La salle de bal de l'Hotel Wendel, presque bichrome, curieuse par ses peintures qui joignent mur et plafond, les pirogues antiques de Bercy, et une peinture satirique de la guillotine aux enfers. Une jolie exposition temporaire de photographies sur l'enfance et Paris, avec beaucoup de clichés du Paris populaire du tout début du siècle.
Un peu frustrant tout ça, surtout sachant qu'un des bons bouquins sur le Paris historique est l'atlas de Paris, écrit par deux personnes de Carnavalet...
Ma vision du musée avant la visite ? Vous savez, toutes les reproductions de tableaux historiques dans les livres d'histoire ? Avec la prise de la bastille, l'illustration du serment du jeu de paume, une enseigne d'artisan du moyen-âge ? Toutes ces photos avec la mention "Collection du Musée Carnavalet" en dessous. Bref, pas forcément flatteur.
Ma vision du musée ensuite ? Euh, pas si différente. Muséographie vraiment brouillonne, un peu datée. Beaucoup d'accumulations de tableaux, peu de repères historiques. L'autre problème, un peu inhérent vu les collections, c'est le flirt avec le kitsch: par exemple les grands monuments de Paris reproduits sur faïences. Ou l'imagerie naïve/idéaliste de la révolution. Du coup, on se faisait avec la Miss la réflexion qu'on n'avait jamais vraiment vu de musée 'historique' avec un organisation vraiment attirante. Peut-être faudrait-il une première salle 'synthétique' et ensuite des repères beaucoup plus présents dans les salles, un parcours plus lisible, peut-être plus thématique, ...
Autre déception: à part quelques maquettes (dont certaines d'îlots "insalubres" depuis disparus), il n'y a quasiment rien sur l'évolution de Paris, la ville modelée par l'histoire, les transformations du Paris populaire. Bref, c'est de l'histoire très traditionnelle, l'opposé total d'un Paris en transformation, social, révolutionnaire avant et après 1789, des quartiers qui implosent. Bref, le pôle opposé de l'approche d'un Eric Hazan dans "l'invention de Paris", formidable bouquin.
Les moments marquants ? La salle de bal de l'Hotel Wendel, presque bichrome, curieuse par ses peintures qui joignent mur et plafond, les pirogues antiques de Bercy, et une peinture satirique de la guillotine aux enfers. Une jolie exposition temporaire de photographies sur l'enfance et Paris, avec beaucoup de clichés du Paris populaire du tout début du siècle.
Un peu frustrant tout ça, surtout sachant qu'un des bons bouquins sur le Paris historique est l'atlas de Paris, écrit par deux personnes de Carnavalet...
Commentaires:
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Intéressant ce post, je me faisais une réflexion sur les "rue du faubourg" l'autre jour (rue du faubourg Saint-Denis, etc) et je me demandais d'où venaient ces noms. Première explication qui m'est venue à l'esprit : Paris s'arrêtait par exemple au niveau des Grands Boulevards au Nord.
Je me disais, il doit y avoir l'explication quelque part, peut-être au Musée Carnavalet justement ... Et je m'attendais à une présentation thématique, avec l'évolution aussi.
Je me demande si ça vaut la peine d'y aller du coup ...
Je me disais, il doit y avoir l'explication quelque part, peut-être au Musée Carnavalet justement ... Et je m'attendais à une présentation thématique, avec l'évolution aussi.
Je me demande si ça vaut la peine d'y aller du coup ...
Pour les faubourgs, en gros, c'est ça. Le Paris du XVIème/XVIIème s'arrêtait officiellement à l'enceinte des "fossés jaunes" (de la couleur de la terre, si je me souviens bien), ce qui correspond pour la rive droite à l'axe rue royale et boulevards de la madeleine, des italiens, poissonière, st-martin, temple, beaumarchais. Tout ça vers 1630/1640.
Le bornage de la ville par l'enceinte avait entre autres motivations de contenir la croissance de la ville en interdisant la construction hors des murs. Par endroits la limite a été prévue 'large' en englobant des quartiers qui étaient déjà en train de se développer à l'extérieur de la limite précédente, et donc à l'intérieur de la nouvelle (par exemple entre Aboukir et les Italiens/Poussonières. Les 'anciens' faubourgs.
Et évidemment ça n'a pas duré très longtemps. En 1670/1676, Louix XIV ordonne la destruction de cette enceinte, remplacée par une grande promenade plantée sur la rive droite (on en voit encore des traces, comme la hauteur de l'ancien cours par les trottoirs au niveau d'origine sur le faubourg St-Martin, plus hauts que la rue qui a été abaissée en 1850).
Dans le même temps des faubourgs plus récents se développaient, typiquement le faubourg Montmartre au dessus des Italiens, le Faubourg St-Denis au dessus de Poissonière, le Faubourg du Temple au dessus de St-Martin, etc.
C'est de là que viennent certains de ces noms de rues à Faubourg, rues limitrophes ou englobées dans ces fameux faubourgs, tous à un moment où l'autre réintégrés dans les limites de la ville toujours en expansion...
Infos piochées dans "l'atlas de Paris" dont je parlais justement.
Le bornage de la ville par l'enceinte avait entre autres motivations de contenir la croissance de la ville en interdisant la construction hors des murs. Par endroits la limite a été prévue 'large' en englobant des quartiers qui étaient déjà en train de se développer à l'extérieur de la limite précédente, et donc à l'intérieur de la nouvelle (par exemple entre Aboukir et les Italiens/Poussonières. Les 'anciens' faubourgs.
Et évidemment ça n'a pas duré très longtemps. En 1670/1676, Louix XIV ordonne la destruction de cette enceinte, remplacée par une grande promenade plantée sur la rive droite (on en voit encore des traces, comme la hauteur de l'ancien cours par les trottoirs au niveau d'origine sur le faubourg St-Martin, plus hauts que la rue qui a été abaissée en 1850).
Dans le même temps des faubourgs plus récents se développaient, typiquement le faubourg Montmartre au dessus des Italiens, le Faubourg St-Denis au dessus de Poissonière, le Faubourg du Temple au dessus de St-Martin, etc.
C'est de là que viennent certains de ces noms de rues à Faubourg, rues limitrophes ou englobées dans ces fameux faubourgs, tous à un moment où l'autre réintégrés dans les limites de la ville toujours en expansion...
Infos piochées dans "l'atlas de Paris" dont je parlais justement.
Merci pour la précision.
Je rebondis sur l'histoire de l'enceinte détruite et transformée en promenade : il s'est passé la même chose avec le boulevard Rochechouart, c'était une enceinte et à l'expansion de la ville, ça a été transformé en promenade.
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Je rebondis sur l'histoire de l'enceinte détruite et transformée en promenade : il s'est passé la même chose avec le boulevard Rochechouart, c'était une enceinte et à l'expansion de la ville, ça a été transformé en promenade.
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